
Karim Ben Driss - Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich Le renouveau du Soufisme au Maroc
Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich - Le renouveau du soufisme au Maroc
Auteur : Karim Ben Driss
Editeur : Al Bouraq
ISBN : 2841611620
Karim Ben Driss, « sociologue de formation et soufi de cœur », nous invite à découvrir l’enseignement d’un saint de notre temps, Sidi Hamza, maître spirituel de la confrérie al-Qâdirryya al-Boudchichiyya et descendant du saint irakien Mulay Abd al Qadir Jilani (1077-1166).
Après un exposé général sur les fondements de l’enseignement soufi, l’auteur relate l’histoire de la famille Boudchich, originaire d’Irak et venue s’installer dans le nord-est marocain au cours du 18e siècle. Cette famille a connu à travers les générations un grand rayonnement spirituel et Sidi Boumedienne (1873-1957) eut notamment un itinéraire marquant car, au terme d’un long voyage dans l’univers des saints et des extatiques, il ramena le précieux « secret spirituel » dans la voie de ses ancêtres dont il devint le guide. L’auteur raconte qu’il fut alors prédit au jeune Sidi Hamza, son disciple d’alors, que les membres de la confrérie viendraient un jour des quatre points cardinaux pour le visiter. Aujourd’hui, ils sont en effet près de 30 000 chaque année à se rendre auprès de lui, dans la province de Oujda, célébrant, toutes origines confondues, la Nuit du Destin ou la Nativité du Prophète.
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N° 9
“Plusieurs voies mènent à Dieu, j’ai choisi la voie de la danse et de la musique.“.
Mawlana Jalal ud-din Rumi (13e siècle)
Titre :
Taksim
Album : Les derviches de Turkie

Fresque derviches Tourneurs Source : www.egothemag.com
‘Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.
Bagdad
Source : www.mmsh.univ-aix.fr
Il advint aussi qu’une fois ses maigres ressources épuisées, la misère vint toucher le jeune Abdel Qader. En quête de nourriture, celui-ci sortait alors vers les bords du Tigre ou à la campagne à la recherche des déchets de légumes et de salades laissés par les cultivateurs. En d’autres temps, c’était les fruits du caroubier qui lui servaient d’aliments. À peine vêtu, il circulait pieds nus dans les sables, les pierres, les ronces, les épines des chemins. N’ayant pas de domicile, il passait ses nuits par la ville, dans les ruines de Madaïne .
Pour comble d’infortune, il était fréquemment sujet à des évanouissements, des défaillances, voire des extases qui se prolongeaient parfois durant de longues heures. Il avait alors toutes les apparences d’avoir cessé de vivre. Il arriva une fois où ces états de léthargie se prolongèrent tant que ceux qui le virent le crurent réellement mort et firent procéder aux soins mortuaires puis l’emmenèrent au cimetière avant qu’un ultime remuement de paupières lui évita l’enfouissement. Parfois il éprouvait aussi l’étranges sensations, qu’un poids incommensurable retombait su ses épaules. Telle une montagne renversée sur lui.
Pendant ce genre de crise ils se jetait à terre et récitait les versets coraniques suivant :
« Et en vérité, à côté de l’adversité est l’aisance, oui à côté de l’adversité est le bonheur ! »
Coran IVLC/ 5- 6
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‘Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

En ces temps lointain, les voyages n’étaient pas chose faciles. On devait attendre le départ d’une caravane et l’accompagner. L’escorte avait à peine quitté la ville qu’elle fut rejointe par des brigands montés sur des chevaux. Après avoir razziés tout ce que comportait la caravane, l’un des brigands alla demander une dernière fois si l’assemblée leur avait caché quelque chose ; ce dernier n’avait alors pas aperçu dans le bagage d’Abdel Qader quoi que ce fut de quelques valeurs et il allait passer outre lorsque notre jeune voyageur avoua receler sur lui 40 pièces d’or. Surpris qu’un jeune homme si modestement équipé porte sur lui une somme pareille, il crut une plaisanterie et en fit rapport à son chef qui lui fit la même question. Fidèle à son serment, Abdel Qader déclara être porteur de 40 dirhams que sa mère avait enfermé et cousu sous son aisselle dans la couture de sa veste. Ce qui fut constaté par les bandits stupéfaits de l’innocence et de la franchise du jeune homme. Le chef de cette bande de pillards alla alors l’interroger et voulut savoir pourquoi il n’avait pas tenté de conserver son argent si bien caché en gardant le secret ? Abdel Qader compta alors son histoire, et le serment qu’il avait fait à sa mère : de ne jamais mentir ni de s’écarter du droit chemin. Ce récit fit une telle impression sur le coeur de cet homme, que dés cet instants il renonça à la vie criminelle qu’il menait. De même que tous ces acolytes.
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