N° 9

Plusieurs voies mènent à Dieu, j’ai choisi la voie de la danse et de la musique.“.
Mawlana Jalal ud-din Rumi (13e siècle)



Titre : Taksim
Album : Les derviches de Turkie

Fresque derviches Tourneurs | Source : www.egothemag.com

Fresque derviches Tourneurs Source : www.egothemag.com

‘Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

Bagdad

Source : www.mmsh.univ-aix.fr

Il advint aussi qu’une fois ses maigres ressources épuisées, la misère vint toucher le jeune Abdel Qader. En quête de nourriture, celui-ci sortait alors vers les bords du Tigre ou à la campagne à la recherche des déchets de légumes et de salades laissés par les cultivateurs. En d’autres temps, c’était les fruits du caroubier qui lui servaient d’aliments. À peine vêtu, il circulait pieds nus dans les sables, les pierres, les ronces, les épines des chemins. N’ayant pas de domicile, il passait ses nuits par la ville, dans les ruines de Madaïne .

Pour comble d’infortune, il était fréquemment sujet à des évanouissements, des défaillances, voire des extases qui se prolongeaient parfois durant de longues heures. Il avait alors toutes les apparences d’avoir cessé de vivre. Il arriva une fois où ces états de léthargie se prolongèrent tant que ceux qui le virent le crurent réellement mort et firent procéder aux soins mortuaires puis l’emmenèrent au cimetière avant qu’un ultime remuement de paupières lui évita l’enfouissement. Parfois il éprouvait aussi l’étranges sensations, qu’un poids incommensurable retombait su ses épaules. Telle une montagne renversée sur lui.

Pendant ce genre de crise ils se jetait à terre et récitait les versets coraniques suivant :

« Et en vérité, à côté de l’adversité est l’aisance, oui à côté de l’adversité est le bonheur ! »
Coran IVLC/ 5- 6

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‘Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

En ces temps lointain, les voyages n’étaient pas chose faciles. On devait attendre le départ d’une caravane et l’accompagner. L’escorte avait à peine quitté la ville qu’elle fut rejointe par des brigands montés sur des chevaux. Après avoir razziés tout ce que comportait la caravane, l’un des brigands alla demander une dernière fois si l’assemblée leur avait caché quelque chose ; ce dernier n’avait alors pas aperçu dans le bagage d’Abdel Qader quoi que ce fut de quelques valeurs et il allait passer outre lorsque notre jeune voyageur avoua receler sur lui 40 pièces d’or. Surpris qu’un jeune homme si modestement équipé porte sur lui une somme pareille, il crut une plaisanterie et en fit rapport à son chef qui lui fit la même question. Fidèle à son serment, Abdel Qader déclara être porteur de 40 dirhams que sa mère avait enfermé et cousu sous son aisselle dans la couture de sa veste. Ce qui fut constaté par les bandits stupéfaits de l’innocence et de la franchise du jeune homme. Le chef de cette bande de pillards alla alors l’interroger et voulut savoir pourquoi il n’avait pas tenté de conserver son argent si bien caché en gardant le secret ? Abdel Qader compta alors son histoire, et le serment qu’il avait fait à sa mère : de ne jamais mentir ni de s’écarter du droit chemin. Ce récit fit une telle impression sur le coeur de cet homme, que dés cet instants il renonça à la vie criminelle qu’il menait. De même que tous ces acolytes.

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Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

Anciens SoufisEn effet, avant lui, avant le XIIe siècle, le soufisme était encore l’affaire d’ascètes isolés, en marge du commun des musulmans. Cette attitude de retrait était à la fois productrice de fascination à l’égard de ces sages ermites retirés du monde, et à la fois de désapprobation voire de critiques acerbes envers leurs actes et paroles. Nous retrouvons ici cette systématique séparation entre d’une part l’engouement d’une religiosité dont la popularité n’a jamais contrarié l’expression éthique et métaphysique et d’autre part la suspicion des « officiels » de la religion pour une pensée et surtout des usages qui n’avaient pour eux que de vagues atours coraniques.

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Henri Gougaud

Ce livre n’est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret.
Vous pouvez lui demander de vous nourrir, il vous nourrira, de vous éclairer, il vous éclairera, de vous émouvoir, de jouer, il jouera avec vous. le jeu le plus mystérieux du monde, celui du hasard qui n’existe pas. Garder ce livre auprès de vous.
Ouvrez-le de temps en temps. comme on rend visite à un ami. Et si vous avez besoin d’un conseil. D’une lumière sur votre route intime.
Demandez-lui. par simple jeu.
Fermez les yeux. Ouvrez le livre. Ouvrez les yeux. Remerciez qui vous voulez.

(Quatrième de couverture)

Abd Al Malik

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