« …Dieu ne modifie point l’état d’une communauté, tant que ses membres ne modifient pas ce qui est en eux mêmes… إِنَّ اللّهَ لاَ يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُواْ مَا بِأَنْفُسِهِمْ».
Sourate 13. « le tonnerre » verset 11. Coran
Lorsque nous allons à la rencontre des textes sacrés, il est fréquent de se heurter à une difficulté majeure : ces textes, pour la plupart d’entre eux, donnent accès à plusieurs sens et niveaux de compréhension.
Chaque texte sacré est porteur de plusieurs sens, non pas dans la diversité de ses propos, mais par la profondeur verticale du message qu’il comporte en lui. Il est une sorte de porte unique donnant accès à plusieurs endroits à la fois, suivant le niveau de compréhension, l’aspiration spirituelle, et l’intention initiale de celui qui ouvre cette porte.
Cette profondeur, à la fois perceptible par une sorte d’intuition intérieure et voilée par une mystérieuse sagesse, nous laisse inéluctablement dans un état de perplexité. Une perplexité évoluant au sein même de notre compréhension des réalités Divines. Quel mystère !
L’une des sagesses de l’Islam nous dévoile que “les connaissant de Dieu sont ceux qui sont en lui les plus perplexes*“.
Pour les modernes que nous sommes, se pose donc un grand problème.
Comment être connaissant et perplexe à la fois !!! C’est impossible !!!
Et pourtant…
Il y a une nuance entre : un être perplexe en chemin vers une connaissance toujours plus grande et un être ignorant et fière de l’être.
Nous ne nous attarderons pas sur le deuxième exemple, essayons de ne pas plomber l’ambiance, o_O’ .
La perplexité dont il s’agit ici est donc synonyme d’humilité, le texte peut donc être comprit dans le sens suivant : “les connaissant de Dieu sont ceux qui par humilité renoncent à leurs représentations de la réalité (Haqiqa**), au profit d’une connaissance plus complète dévoilée par un don et une miséricorde divine ”
Et c’est ici que le premier verset que j’ai cité plus haut entre en jeux et prend son sens le plus percutant.
Au delà du “aide toi et le ciel t’aidera” que certains traducteurs utilisent pour expliquer ce verset.
Le mot بِأَنْفُسِهِمْ - Bi-anfusihim est traduit habituellement par “en eux même” mais peut aussi et surtout l’être par “en leurs âmes“.
« …Dieu ne modifie point l’état d’une communauté, tant que ses membres ne modifient pas ce qu’il y a dans leurs âmes…».
Que devons nous modifier dans cet âme?
Dans une perspective initiatique authentique, et auprès d’un vrai guide spirituel, cette modification se traduit par une purification et apaisement, puis l’embellissement et l’élévation des âmes qui en résulte.
En fait nous modifions, par un travail de polissage, les imperfections de cette âme qui nous empêche de voir la vérité, vivre la vérité, être la vérité…
Il faut donc déceler dans ce verset une grande injonction divine à ce que chacun de nous, de quelques traditions que nous soyons, entreprenne une démarche intérieure de purification et apaisement de son âme, d’y déployer toutes les ressources nécessaires dans la mesure du possible “CF la photo en haut” , puis surtout, une bonne fois pour toute, arrêter de croire que nos problèmes proviennent toujours des autres. c’est avec cet état d’esprit que le cheminant doit commencer sa quête de vérité.
A bon entendeur ![]()
* Certains traduisent cette sagesse par “les connaissant par Dieu …”, d’autre par, “les connaissant de Dieu …”. Nous pensons quand à nous que c’est les deux sens à la fois car celui qui accède à la connaissance par la grâce et la volonté Divine est forcément un connaissant de Dieu.
** Le mot Haqiqa signifie littéralement Vérité et désigne pour les Soufis la station spirituelle ou le chercheur accède aux réalités et à la vérité Divine.
Illustration de l’article : Sun crane Par hamed Saber
Voter pour cet article:Pixenprovence vous propose aussi :

